Litterature

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Adrian humain 2.0, David Angevin & Laurent Alexandre
L’un des auteurs est journaliste, l’autre est médecin et a fondé une start-up dans le domaine du séquençage ADN. L’ouvrage entraîne ses lecteurs dans un tourbillon intemporel. Notre présent y fait figure de préhistoire. Est-ce seulement à cause de la présence de multiples noms connus, de la politique, des technologies… que le futur décrit dans ce livre nous semble si proche ? Ou est-ce parce qu’il est déjà presque là, ou là ?

Au travail, au jeu, à soixante ans, nos forces et nos goûts sont ce qu’ils étaient à dix-sept ans. Les vieillards, aux mauvais jours anciens, renonçaient, se retiraient, s’abandonnaient à la religion, passaient leur temps à lire, à penser – à penser ! (…) A présent – voilà le progrès – les vieillards travaillent, les vieillards pratiquent la copulation, les vieillards n’ont pas un instant, pas un loisir, à arracher au plaisir, pas un moment pour s’asseoir et penser
Aldous Huxley, Le Meilleur des Mondes

Mais le passé n’a pas d’importance, puisqu’il est passé. Il faut s’en ébrouer, ne jamais rien oublier, c’est se heurter au temps, c’est se faire broyer par le temps.
Friederich Dürrenmatt, Justice

Peut-être chacun de nous appartient-il à un paysage, un climat dont il cherche toute sa vie l’harmonie.”
Hélène Grimaud, Leçons particulières

Le quai de Ouistreham, Florence Aubenas
Avons-nous le réflexe, en sortant de notre bureau, en quittant le mobile-home loué au camping, en utilisant un lieu public, de nettoyer la saleté que nous y avons amenée ? De le laisser propre, pas simplement pour les utilisateurs suivants, mais aussi pour faire gagner quelques minutes aux personnes qui devront le nettoyer, dans un temps minuté au plus juste, après avoir déjà fait des heures de ménage ailleurs, et avant les suivantes, encore ailleurs, et tout aussi rapidement. Après avoir partagé, par la lecture, le quotidien de Florence Aubenas, en femme de ménage, et des ses collègues, nous remarquerons sans doute qu’il y a une Personne au bout du tuyau de l’aspirateur.

“… Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d’Hommes,
Que j’ai honte de nous, débiles que nous sommes !
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C’est vous qui le savez, sublimes animaux !
A voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse
Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.
- Ah ! je t’ai bien compris, sauvage voyageur,
…”
La mort du loup, Alfred de Vigny

Les milles et une gaffes de l’ange gardien Ariel Auvinen, Arto Paasilinna
Un livre d’Arto Paasilinna est toujours un remède contre la morosité et la déprime. Si un ange gardien, tel Ariel Auvinen venait à vous “protéger”, à s’immiscer dans vos pensées et à vous dicter vos actes, imaginez-vous tous les imprévus qui chambouleraient votre vie ?

… j’ai compris que la stabilité d’un système ne tient pas à ses vertus mais à sa maîtrise de la provocation. Il suffit de ne pas étaler son luxe sous le nez des autres et de leur faire croire qu’ils participent à la fête.
La belle amour humaine, Lyonel Trouillot

“J’ai, au fond de la gorge, des sanglots tapis comme des chacals à l’affût. Tout au long de ma vie, je n’ai aimé que deux femmes. Et, chaque fois, violemment, c’est-à-dire au prix de ma vie. J’ignore ce qui est arrivé à la première. Je regarde à présent mourir la deuxième. Et c’est mon existence qui, lentement, s’en va avec elle.”
L’enfant du peuple ancien, Anouar Benmalek

L’un d’eux m’a dit. “Seul un Soviétique peut comprendre un Soviétique. Nous avons tous une seule et même mémoire communiste. Nous sommes des voisins de mémoire“.”
La fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement, Svetlana Alexievitch

La république, c’est le respect des institutions . (…)
La république, c’est le respect des différences, a répondu Sam, mon témoin, sans élever la voix.”
Le 4e Mur, Sorj Chalandon

“Je ne parle pas des choses , monsieur, avait dit Faber, je parle du sens des choses. Je reste là, assis et je sais que je suis vivant.”
Fahrenheit 451, Ray Bradbury

Gain, Richard Powers
De jour en jour, il semblerait que Laura décline et que la société Clare s’affermisse. Durant les dizaines d’années qui s’écoulent au fil des centaines de pages de ce livre, le destin des uns et des autres se joue, s’entrecroise et se bouscule. Au final, les pertes et les gains soldent les existences.

The man who goes alone can start today, but he who travels with another must wait till that other is ready, and it may be a long time before they get off.”
Walden, Henry-Davit Thoreau

J’ai essayé de saisir le poids indicible de ce demi-siècle, mais je n’ai pu penser qu’à la brièveté de la vie. Je n’ai pas encore commencé et déjà tout se termine.”
Journal 2001 – 2003, Imre Kertész

Le coeur est un chasseur solitaire, Carson Mc Cullers
Une galerie de portraits, si justement décrits, qu’il nous semble être parmi eux, à partager leurs repas, entendre leurs voix, écouter leur musique, s’inquiéter de leurs problèmes.
N’étiez-vous pas, vous aussi, aux funérailles de Singer ? N’avez-vous pas essayé de consoler Mick ? Peut-être gémissiez-vous parmi cette foule inconnue et dense. Il ne reste désormais qu’à prendre un verre au Café de New York, où Biff sera à son poste, fidèle à son habitude.

Qui sait ce qui se cache dans l’univers mental des très jeunes enfants ? Avant de devenir des humains, enserrés dans un réseau de contraintes et de paroles, les enfants véhiculent un message provenant du fond des âges.”
Ethno-roman, Tobie Nathan

A cet égard, et à bien d’autres, Agnon fut pour moi un exemple et un modèle. De lui, j’appris qu’un homme pouvait emporter sa ville natale partout et y vivre pleinement. Une ville natale n’est pas assujettie à la géographie statique.”
Histoire d’une vie, Aharon Appelfeld

Mort à Venise, Thomas Mann
Quelle place ont l’attirance contraire à la moralité et la transgression, par le sexe et l’âge, dans la société ? Depuis cent ans, en quoi les choses ont-elles changé ? Des premiers aux derniers émois, la tentation ne peut rester impunie. Alors que la morale soit sauve, par tous les moyens, y compris grâce à la complicité de fraises. De fraises trop mûres.

Nous avons besoin de deux langues, m’ a t-il dit, une pour parler avec les autres et une pour parler avec nous-mêmes“.
Je t’oublierai tous les jours, Vassilis Alexakis

Si l’on aspire à la civilisation, il faut en payer le prix. Dénoncer, démystifier… Chaque individu conscient doit aboyer, déranger, afin que le commun des mortels bouge. Ce n’est pas le rôle de l’épicier, mais celui des intellectuels.”
Sadeg Hedayat

Le temps où nous chantions, Richard Powers
La petite histoire d’une famille mixte imbriquée dans la grande histoire d’une nation, elle-même liée à la marche du monde. Judaïté, droits civiques, racisme, musique, physique quantique, amour, mort. Tous ces thèmes se mêlent harmonieusement et composent, au fil des centaines de pages, une symphonie extraordinairement juste et vibrante.

Pour pouvoir emprunter de l’argent, les pauvres doivent fournir la preuve qu’ils pourraient se passer de l’emprunter.”
L’étonnement du voyageur, Claude Roy

Il n’existe aucun moyen de vérifier quelle décision est la bonne car il n’existe aucune comparaison. Tout est vécu tout de suite pour la première fois et sans préparation.
L’insoutenable légèreté de l’être, Milan Kundera

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