Thé

www://organic-e-publishing-international.com

Passé, rêve, santé, ustensile, extrait 1, recette 1

Le bourgeon terminal  » pekoe  » et les deux feuilles qui le suivent sont la base des meilleurs thés. Avant d’être conditionné, le thé passe par plusieurs étapes : séchage des feuilles, roulage, tamisage et éventuellement fermentation et chauffage, qui lui donneront sa qualité finale : noir ou fermenté, oolong ou semi-fermenté, vert ou non-fermenté.
Il se consomme chaud ou froid, nature ou aromatisé de 1001 manières différentes.

    Le passé du thé   On suppose que l’usage du thé en Chine remonte à 2737 avant Jésus-Christ, que les Coréens l’adoptèrent au VIIe siècle, les Japonais en 729 puis les populations d’Asie centrale, les Mongols, les Tatars, les Tibétains et les Turcs.
Au XVIe siècle, les membres des expéditions portugaises le rencontrèrent en Extrême-Orient et le ramenèrent en Europe, au Portugal bien sûr, et de là, il rayonna vers les Pays-Bas, la France, la Grande-Bretagne, L’Allemagne, la Russie,… et au XIXe siècle, arriva en Afrique du Nord.

Rêver à son immensité   Fermez les yeux. Vous êtes assis sur une petite feuille de thé, comme un magicien sur son tapis volant ou comme Nils Holgersson sur son oie sauvage. Vous volez au-dessus des plantations de thé. Le monde du thé est grand, vous allez beaucoup voyager. En Asie : en Chine, à Taïwan, en Indonésie, au Vietnam, en Malaisie, au Japon, en Inde, au Sri-Lanka, au Nepal, au Sikkim, au Bangladesh, de la mer Noire à la Caspienne, en Géorgie, en Turquie, en Iran, en Afrique : au Cameroun, au Kenya, au Rwanda, au Zimbawe, à l’Ile Maurice, en Amérique du Sud, en Argentine, au Brésil.
Et parmi toutes ces plantations, vous savez que les biologiques sont promesses d’avenir.

Thé et santé   Pour les uns, le thé est bénéfique, pour d’autres, il l’est moins. Comme tous les aliments et toutes les boissons, il ne doit être consommé qu’avec modération en toute connaissance de ses éventuels effets secondaires.
Lors de son introduction en Europe, le thé était vendu par les apothicaires et avait la réputation de soigner la goutte, le rhume, les bronches… Une thèse sur ses vertus a d’ailleurs été rédigée en 1637.
Au début du XIXe siècle, les apothicaires le vendaient encore comme remède contre une indigestion et sa rareté pouvait en faire le clou d’une soirée, comme le raconte H. de Balzac, dans son roman, « les Illusions perdues » dans la scène où l’une des héroïnes organise une soirée avec du thé, ce qui ne manquera pas de stupéfier la société d’Angoulême, sa ville si provinciale.

Ustensiles   Une ou plusieurs théières, des boîtes, des sachets, tasses, bols, mesures à thé, filtres, cuillères, passoire, samovar, bouilloire, lenteur et précision des gestes, température de l’eau, durée d’infusion, recueillement, le thé est un art.

Extrait 1 – Du plaisir de la table
« Malgré les délices du far niente (selon l’orthographe de l’époque), j’ai toujours pensé que rien ne donne plus de douceur à la conversation qu’une occupation quelconque, quand elle n’absorbe pas l’attention ; ainsi je proposai le thé.
Le thé était une étrangeté pour des Français de la vieille roche ; cependant il fut accepté. Je le fis en leur présence et ils en prirent quelques tasses avec d’autant plus de plaisir qu’ils ne l’avaient jamais regardé que comme un remède. »
Brillat-Savarin, gastronome français, 1755-1826, Physiologie du goût, 1825

Recette 1 – Thé et sérénité
Est-ce le début ou la fin de la journée, le calme avant l’effervescence ou le repos après le bouillonnement ? Le moment d’une solitude bienvenue ou d’un thé partagé ?
C’est celui du chant de la bouilloire, du cérémonial des gestes, du fumet du thé qui infuse, de la douceur et de la chaleur du breuvage au fond de la gorge.
C’est un instant magique où tout s’apaise et rejoint « L’invitation au voyage » de Ch. Baudelaire :
« Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté ».