Vie 1

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Par chance, je suis placée juste en face d’une porte vitrée. C’est plus fort que moi, je ne peux m’empêcher de m’y mirer. Regardez-moi, toute blanche, légère et massive à la fois. Ne suis-je pas élégante avec mes 4 boutons sur le devant ?

J’adore travailler avec le diable. Ses formes rondes et bombées ! Hum… Je l’étreins de tous mes feux, doucement, longuement, chaudement. Lui, en retour, me gazouille une tendre mélodie que moi seule comprend. Petit à petit, au fil de nos étreintes, de délicieux arômes émergent et envahissent la pièce. Il continue à gazouiller, je continue à brûler pour lui.

Parfois, une poêle me tombe dessus. Elle crépite, pétarade comme une moto, calcine comme un arbre frappé par la foudre. Quelle horreur. Je tremble d’épouvante à l’idée qu’elle contienne du Téflon.

Le soleil est mon plus proche ami. D’une certaine manière, nous sommes collègues. Lui est tributaire des nuages, tandis que je suis à la merci de la bouteille qui toujours m’accompagne, telle un silencieux chaperon.

Certains, que je ne saurais nommer, ont des mœurs étranges. Ils sautent, coulent, tachent, dégoulinent ou s’incrustent partout. Berk ! A vous couper l’appétit ! J’évite leur fréquentation. Je retiens mon souffle. Mes feux restent éteints. On s’interroge. Suis-je bonne pour la déchetterie ou ai-je simplement un inexplicable malaise ?

Je reprends mes esprits. La déchetterie ? A aucun prix !
On me parle gentiment, on me bichonne, on m’astique et
CIMG2719on me remercie. Et je continue mes coquetteries avec la porte vitrée, sans que vous vous en aperceviez, occupé que vous êtes à manger, sans même avoir pensé, que jour après jour, depuis tant d’années, c’est grâce à moi que votre repas est cuit. Car ainsi va la vie d’une Gazinière.